Jésus est né… dans une famille pauvre

Jésus est né! Dans une famille pauvre

Aujourd’hui, nous célébrons Noël, la naissance de Jésus. Comment comprendre que Jésus naisse dans une étable et qu’il est couché dans une mangeoire? La réponse la plus simple, pour ne pas se remettre en question, c’est de lire : « parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie ».  Affaire conclut, ce n’est la faute à personne, l’hôtellerie était plein. Mais pardon, Luc nous en dit une peu plus sur la situation financière de Joseph. Quand il présentera le bébé Jésus au Temple, Marie et lui offriront le sacrifice des pauvres prescrit par la loi (Lev 12.8) : « un couple de tourterelles ou deux petites colombes » (Luc 2.24). Joseph et Marie étaient pauvres. Oui, Jésus est né dans une famille pauvre.

« Une étable est son logement 

Un peu de paille est sa couchette

Une étable est son logement 

Pour un Dieu quel abaissement ! »

En prenant connaissance de leur pauvreté, je relis un peu différemment « parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie ». En effet, peut-être qu’il n’y avait pas de place pour les pauvres, ou pour les femmes enceintes sur le point d’accoucher, ou pour les Galiléens. Chose certaine, il n’y avait pas de place, pas pour eux.

C’était tout de même un pays où l’hospitalité était pratiquée, beaucoup plus que le commerce hôtelier. D’ailleurs, Jésus, adulte, dit à ses disciples de se présenter dans un village et de s’informer s’il s’y trouve une personne digne de les recevoir, sinon de passer leur route (Matt 10.11). Aujourd’hui, personne ne s’attend à ce genre de demande au Québec. Peut-être que si j’avais des cousins, même éloignés, comme pour Joseph dont la famille était originaire de Bethléem, peut-être que je trouverais un cousin pour me recevoir. Mais encore, si j’arrive manifestement dans le besoin, je perdrais beaucoup de « points » et si j’ai une femme enceinte jusqu’aux oreilles, je ne trouverai aucun cousin lointain. Mais au Québec, ce n’est plus dans notre culture l’hospitalité de cette manière.

Alors, si c’était dans un milieu où l’hospitalité était encore une valeur importante, comment est-ce qu’on ne trouverait pas une place pour eux? C’est plate à dire, mais Joseph et Marie étaient « rejetables », méprisables. Les rejeter n’avait aucune conséquence. Donc, personne ne s’est fait leur prochain, personne n’a été leur « bon samaritain ».

Et là, l’enfant arrive, avec les cris, les douleurs, le stress. Luc ne nous décrit pas comment ça s’est passé. Ce n’est pas nécessaire. Jésus est né comme tout les bébés, sans miracle, mais sans problème grave, heureusement. Luc nous raconte toutefois que Marie, Joseph et Jésus n’étaient pas rejetés de tous, Dieu le père était avec eux et ils leur a envoyé d’autres personnes exclues et méprisées de la société, des bergers. Les bergers ne sont pas venus pour les évincer de l’étable et prendre leur place. Non. Ils ont été avertis miraculeusement et ils ont été les messagers de la bonne nouvelle à Joseph et Marie d’abord : ce bébé est le Sauveur, le Christ.

Noël nous annonce en condensé le message de Jésus : Aimer son prochain, se faire le prochain des autres, ne pas juger selon les apparences et Dieu est présent au milieu des personnes rejetées par la société. La preuve en est les conditions dans lesquelles est né le Christ, notre sauveur.

Joyeux Noël!

Quels moyens de transport pour Jésus – en 2024?

Si jésus vivait son ministère en 2024, quel serait son moyen de transport de tous les jours ? Imaginons le lui dans nos conditions québécoises d’aujourd’hui, tel que les Évangiles le décrivent et pas comme s’il était à ma place ou à la place d’une personne qui est dans le ministère. On ne se demande pas quel moyen de transport est bon, saint ou meilleur, non. Juste, en lisant les Évangiles, de quelle manière on imaginerait les moyens de transport de Jésus ? D’abord, scrutons les Évangiles.

Déjà, en l’an 30, Jésus exerçait son ministère à pied (Marc 2.23). Est-ce qu’on peut sauter à la conclusion qu’il marcherait en 2024 ? Pas nécessairement. Toutefois, il n’était pas dans un char, ni à cheval, pas davantage à dos d’âne, sauf une fois exceptionnelle (Luc 19.35). Il est monté dans la barque de quelqu’un, pas la sienne, sur la mer de Galilée (Matt 9.1) et un rigolo nous ferait remarquer qu’il l’a aussi traversée à pied (Marc 6.48). Fatigué du voyage – à pied – parfois, il laissait ses disciples prendre les devants (Jean 4.6-8). En voyageant, les gens le voyait et le suivait (Jean 1.37-38), mais parfois, il voyageait incognito (Jean 7.10).

Maintenant, utilisons notre imagination, car elle est un don de Dieu, pour trouver de quels seraient les moyens de transport de Jésus. Jésus ne serait pas propriétaire d’une voiture, et s’il en avait besoin, il en emprunterait une – comme pour l’âne de son entrée en Jérusalem. Il ne se déplacerait pas dans un véhicule qui le cache, aux vitres teintées, ou surélevé (jacké), parce que les gens peuvent le voir et le reconnaître. Il serait à l’aise de prendre le transport en commun, comme la barque sur la mer ou d’aller avec un convoi de pélerins (Lc 2.44). Même que son moyen de transport permettrait à des gens de l’accompagner, malgré la faiblesse, la mauvaise santé et la pauvreté. Jésus se déplacerait avec un moyen de transport qui ne coûte pas cher et qui se va lentement. Même si des personnes le soutenait financièrement, il n’en a pas profité pour acquérir un véhicule performant.

Nous nous amusons en pensant à Jésus en 2024. Ce jeu nous donne une impression de la personne de Jésus. Un homme, même rabbi, qui se déplace par des moyens modestes, sans prestance. Un tel homme est moins impressionnant, il dégage moins d’autorité, il ne communique pas un sentiment de succès. Par conséquent, un tel homme est plus facile à rejeter, à dénigrer, à faire comme s’il n’existait pas, ou s’il le fallait, à éliminer.

La colère ou l’amour, qu’est-ce qui est en premier?

Qu’est-ce qui anime Dieu le Père en premier, la colère ou l’amour ? Je crois que la bonne réponse est l’amour. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné…1 » Pourquoi poser la question ? En moi, j’ai plus souvent qu’autrement eu des pensées de colère que d’amour, particulièrement en pensant à Dieu. Je pense en premier qu’il est en colère, en second, peut-être, qu’il m’aime. S’il m’arrive un problème, ou un malheur, qu’est-ce que j’ai mal fait ? De quoi est-ce que Dieu veut me punir ? Je vois un comportement immoral chez des gens et je m’indigne et je m’irrite contre eux, parce que ce doit être la réaction de Dieu lui-même. Avec ces pensées et ces sentiments, je me suis souvent demandé en moi-même : comment est-ce que je pourrai aimer mes prochains, comment les pardonner et comment imiter la grâce de Dieu envers elles et eux ? Mais aussi, est-ce que je suis obligé de mettre de l’énergie à haïr les méchants ?

J’ai constaté que la perspective chrétienne depuis des années et des années a été culpabilisante. Chez les Catholiques, bien avant le Réforme de Luther de 1517, la culpabilité et la colère de Dieu ont créé le Purgatoire, un lieu où les humains sont purgés de leurs péchés avant d’entrer au Paradis. La peur de la colère de Dieu animait le clergé et les croyants. Ces humains ont eu l’idée d’un système d’indulgences, il était possible de payer, d’acheter des indulgences, pour sortir du Purgatoire plus rapidement. Le système est logique et nous voyons ici que les humains ont toujours tendance à ériger des systèmes qui privilégient les puissants de ce monde et les riches. Je reviendrai souvent sur ce thème.

Luther avait eu une révélation en lisant les Écritures, c’est la foi d’une personne qui la rend juste aux yeux de Dieu, « cette justice de Dieu, donnée par la foi en Jésus-Christ, elle est offerte à tous ceux qui croient.2 ». Luther montrait au monde que la colère de Dieu ne régissait pas son plan ni ses actes. Dieu lui-même a donné son fils afin que par Jésus nous soyons, en croyant, justes comme Jésus. La peur en la colère de Dieu n’a plus lieu d’être. Je confesse que je ne sais pas ce que Luther disait de l’amour de Dieu. Si vous avez des références ou des lectures recommandées, je suis intéressé. Je sais toutefois que les disciples de Luther, tout comme de Calvin, développeront une théologie de la prédestination, Dieu aurait choisi des gens pour croire et d’autres pour être méchants, autrement, comment expliquer qu’il y a toujours de la méchanceté et que Dieu a préparé un Enfer ? Cette théologie propose que Dieu a choisi d’aimer certains et pas d’autres. Pour eux, ce n’est donc pas l’amour qui anime Dieu en premier. Mais en plus, cette théologie, du point de vue terrestre, nous amène à regarder le comportement des gens pour deviner qui est choisi et qui ne l’est pas. Ceux et celles qui se comportent bien et qui réussissent dans leurs entreprises sont manifestement choisis alors que ceux et celles qui vivent la précarité, qui commettent des petits ou des grands crimes, ne le sont pas. Encore une fois, les humains ont pensé un système théologique qui favorise les puissants de ce monde et les riches.

Qu’est-ce qui arrive avec nous, les Évangéliques ? Pourquoi est-ce que nous avons encore la peur de la colère de Dieu si forte au milieu de nous ? Il faut se douter que c’est humain comme tendance, mais encore. Au cœur de notre message chrétien se trouve la conversion, la nouvelle naissance. Quand je suis attentif à nos prédications qui invitent à la conversion, je constate que nous introduisons l’amour de Dieu par la description du mal et des péchés qui sont dans les personnes et qui attisent la colère de Dieu. En résumé, tu ne crois pas en Jésus et la colère de Dieu est sur toi, tu crois en Jésus, tu es pardonné et la colère de Dieu est tombée sur Jésus à ta place. J’en déduis que la colère est notre fenêtre de compréhension. Peut-on comprendre, ou apprécier, l’amour de Dieu en Jésus-Christ sans passer par la colère de Dieu ?

« Mes pensées ne sont pas vos pensées, vos voies ne sont pas mes voies.3 » Si la tendance humaine est de percevoir notre relation avec Dieu par la fenêtre de la colère, je propose que la voie de Dieu est différente, que sa pensée n’est pas comme la nôtre, il pense à l’amour d’abord, ses voies sont orientées par l’amour. Je reconnais, je triche beaucoup, la lettre de Jean nous le déclare sans détour « Dieu est amour4 », « Dieu lui-même nous a aimé en premier5 » et « celui qui aime est né de Dieu et connais Dieu6. »

Pour moi, j’ai vécu comme une conversion l’effort de refuser la peur et la culpabilité pour apprécier l’amour. Car si Dieu aime en premier, comme un premier geste, je dois faire un virage à 180° sur moi-même, sur le monde et même sur l’église et la vie chrétienne. Je devine bien que plusieurs personnes pensent « si nous n’avons plus peur de la colère de Dieu, tout le monde va se mettre à commettre des crimes et des péchés ! » C’est intéressant, quand je combats les idées fausses sur la pauvreté, il est souvent sujet que si nous donnons de l’argent aux pauvres, ils vont la gaspiller en alcool et en drogues, et ils ne voudront pas aller travailler. Or, il a été démontré que lorsque la société donne plus d’argent aux pauvres, ils sortent de la pauvreté, parce qu’ils en ont les moyens7. Avec cet exemple humain, je crois que si nous augmentons l’appréciation de l’amour de Dieu et que nous dévaluons la peur de sa colère, les humains auront davantage de capacités pour aimer leurs prochains.

1Jean 3.16
2Romains 3.22
3Esaïe 55.8
41 Jean 4.8
51 Jean 4.11
61 Jean 4.7
7 Voir FAUX! On vit bien sur le BS. Pour anecdote, beaucoup de riches gaspillent leur argent en alcool et en drogue, et plusieurs ne travaillent pas, ils ne font que profiter de la spéculation de leurs placements à la bourse.